Jour J. Samedi 1er août 2020. Ça y est ! Enfin en possession de la bête. 650 km plus loin dans une chaleur accablante, quelques impressions. Elle a des airs gentils. On la dirait même mignonne. Une presque voiture pour Madame en fait. Jusqu'à ce qu'on commence à rouler. La direction, c'est du costaud mais du très précis. Si on éternue on fait un écart. Elle pousse gentiment si on a le pied délicat. Elle pousse très fort si on remplace ce dernier par une enclume. A tel point qu'on se retrouve a des vitesses prohibées genre case prison sans rien toucher sans s'en rendre compte. Enfin presque. Parce qu'au début quand on roule à 80 on a l'impression de rouler à 130. Quelque soit la vitesse d'ailleurs, je n'y ai vu pas la moindre différence au niveau sensations. Du coup si on a pas l'œil rivé sur le compteur on roule à des vitesses de malade et on adore ça! Le bruit: un doux bruit de 6 habituel. Rien de spécial à petite vitesse. C'est du 6 gentillet. Mais quand on s'approche des 4000 tours puis au delà en poussant bien les 3 et 4 alors là! C'est autre chose... symphonie pour soupapes. La belle se transforme en bête. Chaud devant! Et les virages se jettent à la figure du pilote. La tenue de route est bluffante. Ça vire a plat mais sur route en bon état parce qu'elle n'aime pas mais alors pas du tout les départementales défoncées (On dirait du Jean Yann) elle se dandine, se tord, son capot a des allures bizarres. On a l'impression que tout va tomber en morceau. Mais non. Ça tient. Sur revêtement correct, c'est propre, net, précis. Incisif je dirais. Reprises franches. Sorties de virages impeccables. Bond jusqu'au prochain. Freinage efficace. A ne pas chatouiller cependant sous la pluie. J'ai pris un gros orage. Je l'ai sentie un peu hésitante a la ré acceleration avec une envie de mettre les roues arrières avant celles de devant. Ça calme de suite.... bref que du bonheur cette S3C. Je sens venir de belles années de complicité à son volant. Elle va certainement réussir à ne pas me faire regretter ma Triumph TR4 (un autre monde me direz vous...) que j'ai adoré pendant des années. Mais bon c'est la crise de la soixantaine. J'ai quitté une ancienne de 55 ans pour une gamine de 29.
Jour J+1. Dimanche 2 août 2020. Désirée est arrivée à la maison. (son désormais petit nom après toutes les péripéties pour l'avoir) Une nuit à la Roche sur Yon avant de rentrer à Pornic. Cette voiture va me rendre dingue. Le son du moteur est envoûtant et invite à attaquer toujours plus. Je suis arrivé un peu vite dans un virage serré de fin de 4 voies où j'ai fait hennir les canassons, debout sur la pédale de frein, seule solution: en descendre une et mettre le pied dedans. C'est passé comme une lettre à la poste.
