j'ai eu des soucis de refroidissement (c'est peu dire) avec ma Chimaera 500 de 1998.
Je vous la fais courte
Tout a commencé avec une première surchauffe du côté de Lyon en me rendant à la sortie Alpes en juin 2021. Ajout de liquide de refroidissement et le week-end s'est passé -presque- normalement (1 ou 2 alertes, appoint de LR ou d'eau et c'est reparti).
Par la suite, le même phénomène s'est produit lors de la sortie Auvergne en septembre 2021.
A la suite de ça, j'ai cherché tous azimuts :
- calorstat remplacé (les symptômes pouvaient indiquer qu'il était en cause)
- fuite détectée sur le radiateur alu
- radiateur remplacé par celui que Gilles avait retiré de sa Cerbera coursifiée (un modèle cuivre classique) - merci à lui de ne pas avoir abusé de la situation
- radiateur cuivre refait à neuf suite à un test un peu "optimiste" : en voulant tester l'étanchéité du circuit, j'ai fait monter la pression aux alentours de 1,8-2 bars (le bouchon du vase d'expansion déclenche à 1,3) et le faisceau n'a pas aimé - le nouveau faisceau est de type "hautes performances" fabriqué chez "Sud-Ouest Rad" du côté de Bordeaux, et le montage a été effectué chez "Radiateurs Aveyronnais" à Rodez
- quelques roulages sans difficulté, mais toujours un doute : j'ajoutais régulièrement du LR en espérant que le circuit se purgeait (méthode Coué)
- novembre 2021 : modification du circuit de refroidissement pour que la purge se fasse automatiquement, sur les conseils et avec l'aide de Gabin, jeune mécano spécialiste des moteurs sportifs et de compétition (WRC, Rallye Raid, motos... il est particulièrement fan du 2.0 Cosworth des Sierra)
- plusieurs petits roulages, niveau de LR semblant stable mais en fait non, c'est encore du déni de ma part
- mai 2022 : lors de la sortie Corrèze, nouvelle surchauffe, suspicion de pompe à eau HS (aucune aspiration dans le vase d'expansion au démarrage) - remplacement effectué, on continue d'y croire - en réalité la PAE n'y était pour rien, le niveau était trop bas donc ça n'amorçait pas mais je ne le comprendrai que plus tard
- encore quelques roulages, toujours en ajoutant du LR de temps en temps
- un soir, voiture stationnée penchée sur le côté, le moteur fait un claquement bizarre au démarrage, puis semble fonctionner normalement (ouf), mais je commence à imaginer avoir du LR dans un cylindre
- contrôle à l'endoscope : comme prévu, présence de LR dans le cylindre n°3
A ce stade j'ai compris que j'avais un sérieux souci. Mais je continue de rouler de temps en temps sans problème apparent, si ce n'est un appoint de LR occasionnellement. Pas plus que ça de fumée blanche à l'échappement, seulement moteur froid. Je procrastine...
- mars 2023 : surchauffe lors d'une sortie LVPP (Les Vieux Pistons Perigordins) : cette fois c'est décidé, on va déculasser pour y voir clair sachant que peu avant la surchauffe, j'ai pu voir de la vapeur d'eau à l'échappement lors d'un arrêt feu rouge
J'ai démonté mes culasses dans la foulée, espérant trouver un joint de culasse HS. Au lieu de ça, la chemise du cylindre 3 est descendue (de quelques 1/10è de mm) et semble fendue : une rayure sensible à l'ongle se propage sur toute la course du piston.
Le diagnostic semble clair (merci à Didier et Nico pour les conseils, les pistes de recherche etc...) : je suis victime du "bloc poreux", en réalité le LR qui parvient à entrer en contact avec la chemise par une fissure dans l'alu et à remonter vers le joint pour s'immiscer dans le cylindre.
Problème classique sur les Land/Range mais assez peu fréquent sur nos TVR semble-t-il. Peut-être parce que nos V8 sont en général peu kilométrés ? Le mien à 101000 miles (162000 km) et ceci explique peut-être cela.
Au final je ne saurai jamais si la descente de la chemise n°3 est à l'origine de tout, ou si cette anomalie est consécutive aux surchauffes (un bon 110°C tout de même selon l'afficheur) elles-mêmes dues à la fuite initiale sur le premier radiateur alu. La fissure sur la chemise ? Pas d'explication convaincante à ce jour...
A la limite peu importe de comprendre les tenants et les aboutissants, l'essentiel est qu'à la fin tout fonctionne
On est donc parti pour un démontage complet. Début : 31 mars 2023. Ce fut long car entre temps, j'ai contacté les différents prestataires outre-manche pour me faire une idée des coûts/délais de l'opération qui consiste à installer des chemises épaulées (qui ne pourront plus descendre) et collecter un max d'infos sur les pièces à remplacer/réutiliser et surtout, pour confirmer le diagnostic et pas me lancer dans une aventure coûteuse pour rien.
Bon entre-temps j'ai pas pu m'empêcher d'enjoliver mes couvre-culbuteurs
Sortie du moteur de la voiture le 27 mai avec Didier en we à la maison